Exposition « Jonas » de Thibault Philip

Culturelle - Du 01/07/2022 au 02/10/2022 - Dinan

Description

Thibault Philip est un designer né en 1996 qui vit et travaille à Rennes. Lors de ses études à l’EESAB – Ecole Européenne d’Art de Bretagne -, il lie sa fascination pour le monde biologique avec le champ du design.
C’est lors de son ERASMUS en Pologne et de ses stages à Paris et Eindhoven qu’il développe le maniement de divers matériaux et l’utilisation de narratif dans sa pratique.
Il conçoit alors que les matériaux biologiques, parfois repoussants, puissent être vertueux. Rédigeant son mémoire « Sublime répugnant » sur l’analyse du dégoût, il explore le travail de designer utilisant les matières biologiques dans un but écologique, esthétique et symbolique. Inscrivantsa pratique dans le point de friction entre design d’objet et sculpture artistique, c’est au service du biologique, d’une relation basée sur l’observation et la fascination du vivant, que se positionne son travail. Ce biologique qui brise les codes, qui attire comme il repousse, qui s’échappe de la norme, de la géométrie et du contrôle. S’inscrivant dans une
utilisation vertueuse du Vivant, il fonde alors sa pratique autour d’un unique matériau : les intestins de porcs.
Le choix de ce matériau vient de divers constats : dans le quotidien, le porc est omniprésent.
Nous le trouvons dans les composants de nos téléphones avec la gélatine, dans nos médicaments avec l’insuline, dans les livres avec la colle d’os, dans les cigarettes avec l’hémoglobine.
Cette hyper présence du cochon est pourtant constamment cachée bien que le porc apparaisse comme le mortier de notre confort quotidien. En utilisant des chutes d’intestins issus de l’entreprise GBB Boyau Bretons, Thibault explore la richesse de cette matière et permet de montrer ce qui est habituellement
soustrait au regard.
Les objets qu’il génère ont une esthétique affirmée, sans artifice. Il tolère que cette matière biologique ait un comportement en séchant et donc travaille avec le hasard, respectant une forme de non-contrôle inhérente au vivant. Cette part d’aléatoire rend chacune de ses pièces uniques, avec une identité propre.
Grâce à un processus de nettoyage issu du domaine médical, les intestins, une fois débarrassé de tout élément putrescible, obtiennent la capacité de se bio-souder entre eux par liaison protéique, ce qui permet de ne pas utiliser de colle ou de résine. Adaptés au milieu de vie humain (où la température et l’humidité
sont contrôlées), les objets en intestins ne se dégradent que si nous les mettons dans un milieu naturel comme le compost.
Le processus de travail du designer se base sur de constantes expérimentations, qu’elles soient formelles, esthétiques ou techniques. Cela lui permet de ne se poser aucune limite. Réalisés de manière frénétique, les essais sont instinctifs, les résultats sont chaotiques, parfois imprécis, mais jamais décevants. En plongeant
dans les intestins, il arrive à les écouter. Cette matière morte n’en est que plus vivante et bavarde. Elle bouge, se tord, se plie et se rétracte. Elle parle des éleveurs, des animaux, des abattoirs et des déchets. Elle parle de regards, de sensibilité.

L’artiste sera présent samedi 2 et dimanche 3 juillet et samedi 1er et dimanche 2 octobre.


Ouverture

Ouverture du 01 juillet 2022 au 02 octobre 2022